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Prenez le temps de lire ces deux lettres ca en vaut vraiment la peine ... vraiment !!!!
Lettre ouverte envoyée ce jour au ministre de l’Intérieur en réponse au courrier qu’il adressé le 19 juin 2006 au président du Tribunal pour enfants de Bobigny à propos des réponses judiciaires données aux événements de novembre 2005 sur la Seine Saint Denis.
Le Syndicat a également demandé audience au Président de la République et au garde des sceaux pour protester contre cette violation grossière du principe de la séparation des pouvoirs. Le CSM est déjà saisi des faits.
Compléments :
> La lettre du ministre de l’Intérieur
http://www.syndicat-magistrature.org/Crew/Doc/566=SarkoRosen.pdf
> La réponse du Syndicat
http://www.syndicat-magistrature.org/Crew/Doc/567=lettre%20ouverte%20Sarko.pdf
200 élus de droite n’ont rien trouvé de plus urgent que de s’attaquer au rap ! Ils viennent de demander au ministère de la justice de poursuivre des rappeurs et crient haro sur cette musique des banlieues, source à leurs yeux des maux des " quartiers ".
Ce réflexe primaire consiste à casser le thermomètre plutôt que s’en prendre à la maladie. Le rap dit avant tout que les jeunes vont mal. Il dénonce une société corrompue par l’argent, les inégalités et la domination, il critique l’oppression policière et l’iniquité de la justice, il parle de l’identité blessée d’une jeunesse à l’abandon. C’est un cri de détresse, une réaction de défense contre la pauvreté des familles, la dureté de la vie quotidienne, les faibles chances de promotion sociale, la ségrégation de la cité, le racisme de secteurs entiers de la population française.
Une partie de la jeunesse se méfie du reste de la société. Elle le dit dans l’excès, parfois. Va-t-on renouer le dialogue en mettant des chansons en prison ? C’est absurde.
Et c’est dangereux car cela marquerait une nouvelle et grave atteinte à la liberté d’expression.
Nous soussignés, auteur(e)s, créateurs (trices), médiateurs(trices) culturel(le)s , enseignants, citoyen(ne)s, nous déclarons solidaires de ces jeunes et affirmons : nous sommes tous des rappeurs de banlieue.
www.africultures.com
Pour la première fois, une équipe de télévision place, le même soir, dans la même cité, une caméra côté émeutiers et une caméra côté police.
LA FRANCE EST MALADE DE SARKOZISME !
En temps que Français, cette dérive pernicieuse de la population vers le tout sécuritaire, la suspicion de l'autre et les généralités, m'attriste. Elle m'attriste car elle ne correspond pas à l'esprit républicain tel qu'on l'enseigne dans nos écoles et nos universités. Cette dérive ne correspond pas à la l'esprit républicain tel qu'il m'a été enseigné dés l'age de 4 ans par un village de 950 habitants qui se situe en Ardeche. Un esprit républicain qui s'est forgé par le regard que les gens avaient de moi. Dans leurs yeux j'étais d'abord et avant tout Ardechois, On n'avit pas besoin de se le dire c'est quelques chose que l'on sent, je ne pourrais l'expliquer. Et ceci bien que je ne sois ni là bas ni né dans ce pays.
Pour moi c'est ça la république, c'est cet esprit là !!
Ces "violences" mettent aussi en lumière de manière aveuglante le fait que des personnes ayant des ancêtres français depuis des générations et des générations en france sont considérées encore aujourd'hui comme un corps étranger à la république, malgré les efforts qui pourrons faire et malgré les belles paroles de nos politiciens .... Je ne parle pas des casseurs qui eux n'attendent rien de personne !! Je parle de ceux qui veulent être considérés comme français à part entière et qui n'ont pas l'impression de l'être à cause des propos entendu ci et là... des propos qui mettent toute une partie de la population dans le même sac. « Il faut dire la vérité aux français » mais il faut leurs dire toutes les vérités !!!Toutes les vérités sont bonnes à dire même celles qui sont « culpabilisantes ». Les personnes qui ne comprennent pas ou qui font semblant de ne pas comprendre ce mal qui ronge la France n'ont rien compris à la république.
Etre capable de regarder ce mal ce n'est pas trouver des justifications ou des circonstances atténuantes aux casseurs et criminels !
! IL FAUT SE LE DIRE UNE BONNE FOIS POUR TOUTE !! « LES MINORITES VISIBLES »( je n'aime pas ce terme ! Si quelqu'un a mieux ! ) qui s'en sortent ne sont toujours pas considérés comme des Français à part entière par une grande partie de la population. L'Ardeche dans laquelle j'ai grandi hier , n'est plus tout à fait la France d'aujourd'hui. ET CETTE FRANCE D'AUJOURD'HUI S'ELOINGNE DU CHEMIN ECLAIRE PAR L'IDEAL REPUBLICAIN EXPRIME PLUS HAUT !!!! ET POUR MOI, CETTE FRANCE MALADE D'AUJOURD'HUI C'EST CELLE DE SARKOZY !! ( IL N'EST PAS SEUL )
VIVE LA REPUBLIQUE ,la vraie !! VIVE LA FRANCE !! VIVE MON ARDECHE !!!
ET MERDRE AU F-HAINE !!
"il n'est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir" |  |
La majorité des mineurs présentés aux juges étaient "inconnus" des tribunaux. LE MONDE, 25.11.05, 14h07, Mis à jour le 25.11.05, 14h23
Ils sont français, ils ont 16-17 ans, des pères ouvriers ou chômeurs, des mères plus ou moins débordées, des résultats moyens à l'école. Et ils sont, pour la grande majorité d'entre eux, inconnus de la justice. Les mineurs déférés dans le cadre des récentes violences urbaines en Ile-de-France ne correspondent pas au profil décrit par le ministère de l'intérieur, celui de "racailles" dont "80 %" seraient connus pour des faits de délinquance. CHIFFRES Du 29 octobre au 18 novembre, selon le dernier bilan établi par la chancellerie, 3 101 personnes ont été mises en garde à vue à la suite des violences urbaines, 135 informations judiciaires ont été ouvertes, 562 majeurs incarcérés (dont 422 déjà condam- nés à des peines de prison ferme) et 577 mineurs ont été présentés aux juges des enfants (dont 118 ont été placés sous mandat de dépôt). MODE D'EMPLOI En cours de procédure, le juge des enfants peut ordonner un placement provisoire, un contrôle judiciaire, une détention provisoire ou une liberté surveillée. Lors du jugement, en dehors d'une peine, le mineur peut faire l'objet d'une mesure éducative (une admonestation, une remise à parents, un placement ou une mesure de réparation). La police se fonde certes sur le fichier des infractions constatées (STIC), dont toutes ne débouchent pas sur des procédures judiciaires. Mais éducateurs et magistrats soulignent qu'ils n'ont pas eu affaire, ces dernières semaines, au lot commun des mineurs présentés à la justice : il s'agit, cette fois, de jeunes rencontrant plutôt moins de difficultés familiales et davantage scolarisés. La majorité d'entre eux sont inscrits dans des formations professionnelles, souvent en apprentissage. A Bobigny, sur 89 mineurs présentés au tribunal dans le cadre des violences, 37 étaient "connus" au plan pénal ou civil, une dizaine d'entre eux bénéficiant d'une mesure de protection de l'enfance. A Créteil, parmi 77 mineurs déférés mi-novembre, 15 seulement étaient connus par la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ). A Nanterre, sur 41 mineurs, 22 étaient "inconnus en délinquance", alors que 13 faisaient l'objet d'une prise en charge dans un cadre pénal. A Pontoise, 9 des 42 adolescents présentés étaient suivis par la PJJ. Le noyau dur des mineurs délinquants n'a pas été impliqué dans les émeutes, ou bien n'a pas été pris par la police. La direction de la PJJ de la Seine-Saint-Denis a constaté que ses foyers étaient restés très tranquilles. "Certains des participants aux violences étaient motivés par la haine et l'envie d'en découdre, mais il y avait aussi une dimension ludique dans tout cela", estime Régis Lemierre, du service éducatif auprès du tribunal (SEAT) de Nanterre. Loin de toute revendication politique ou sociale, "la génération "game boy" a agi comme dans un monde virtuel : il y avait les copains, ça brûlait de partout, c'était fascinant", précise-t-il. Jean-Pierre Rosenczveig, président du tribunal pour enfants de Bobigny, confirme cette dimension, en citant l'exemple d'"un garçon de 15 ans, connu du tribunal car suivi par l'aide sociale à l'enfance pour avoir subi de graves maltraitances" : "Il dormait, à minuit, quand les copains sont venus le chercher. Il est descendu, plus pour aller jouer avec eux que pour casser. Il s'est trouvé mêlé à l'agression de policiers." Dans de nombreux cas, les éléments fournis par la police n'ont pas permis aux juges de mettre ces mineurs en examen. A Bobigny, ils ont attribué le statut de témoin assisté à plus du tiers des adolescents présentés. "Beaucoup ont évité le contact avec la police, dans un jeu du chat et de la souris", précise M. Rosenczveig. Bon nombre ont, au final, simplement été remis à leur famille. Sur la base des enquêtes sociales réalisées pour les juges, se dessine le portrait de ces adolescents : quelques récidivistes, des jeunes entre deux eaux, d'autres sans histoires. "On n'a pas arrêté les véritables émeutiers. On a tapé dans la petite fraction de jeunes désoeuvrés qui ont assisté à ce que d'autres faisaient", affirme un magistrat du parquet. Eddy S. (tous les noms et prénoms ont été changés), 16 ans, est "connu". Vols, recels, dégradations de biens publics, violences : depuis l'âge de 11 ans, il a accumulé une dizaine d'antécédents judiciaires sérieux, mais bénéficie d'un suivi éducatif depuis quelques mois seulement. Sa famille, d'origine malienne, est installée dans la Seine-Saint-Denis depuis dix ans. Son père est invalide ; sa mère, femme de ménage. Il y a neuf enfants au domicile. Le couple vit séparé et la situation des enfants est fragile. Eddy a été exclu du collège avant la 3e. Il dit avoir "démissionné", selon cette pratique illégale et inavouée de l'éducation nationale qui consiste à faire signer une lettre de "démission" aux élèves encore soumis à l'obligation scolaire. L'adolescent demande de l'aide aux éducateurs. Il veut entrer en apprentissage et devenir électricien. Anton P., 16 ans, a redoublé une fois, à l'école primaire, puis s'est fait exclure du collège. Déscolarisé pendant plusieurs mois, il a fini par trouver une place en CAP mais connaît des difficultés. Il fume trop de cannabis. Ses parents sont sans profession. Leur fils devrait bientôt être placé par la PJJ. Lucien G., 17 ans et demi, père ouvrier retraité, mère au foyer, affirme ne manquer de rien à la maison. Il prépare un bac professionnel et souhaiterait poursuivre ses études en BTS. Il est connu pour une infraction, commise il y a déjà plusieurs années, pour laquelle il avait reçu une admonestation. Farid E., 14 ans et demi, a des parents séparés, un père ouvrier et une mère sans profession, qui s'occupe seule de ses six enfants, nés de plusieurs unions différentes. C'est un élève en difficulté, inscrit dans une section d'enseignement adapté au collège. Il est plutôt remuant, mais serviable à la maison. Influençable, il s'est laissé convaincre de faire le guet pour un "grand". Sa mère, inquiète, veut déménager et quitter la cité. Mohammed S., 17 ans, né au Maroc, est arrivé en France il y a quatre ans. Il a un petit frère. Sa mère est nourrice ; son père, sans emploi. Le jeune homme est en CAP dans le secteur sanitaire. Ses résultats ne sont pas brillants : il aurait préféré apprendre la cuisine. Mais il n'a aucun problème de discipline. Il aimerait devenir pompier. Dylan B., 17 ans, le dernier d'une famille de quatre enfants, n'a, lui non plus, aucun antécédent judiciaire. Son père est ouvrier spécialisé, sa mère employée. Il a suivi une scolarité sans encombre jusqu'en 4e. Quand il a commencé à moins bien suivre, sa mère lui a obtenu une place dans un internat, pour effectuer sa classe de 3e. Ses parents sont inquiets : après son diplôme de vendeur obtenu en apprentissage, il n'a pas trouvé d'emploi, malgré tous ses efforts. Kevin V., 16 ans, a quatre frères et soeurs. Il est en CAP par apprentissage. Ses parents — père ouvrier, mère assistante commerciale — ont divorcé et il continue de les voir. Un autre profil "rien à signaler", comme disent les juges.
Nathalie Guibert Article paru dans l'édition du 26.11.05
SOURCE :http://mediactu.over-blog.com/article-1321315.html
il pose des vraies questions mais n'apporte pas les bonnes réponses ...
L'égalité réelle des chances passe par la discrimination positive Par Nicolas Sarkozy
La flambée de violences urbaines qui a secoué nos grandes agglomérations jette une lumière crue sur les défaillances de notre modèle de société. Face à ces événements, il fallait d'abord restaurer l'autorité de l'Etat et protéger nos concitoyens, à commencer par les plus vulnérables d'entre eux. Rien ne peut en effet justifier les débordements inadmissibles dont nous avons été les témoins. Aucune difficulté sociale n'autorise à détruire la voiture d'autrui, à incendier des crèches et des écoles, à battre à mort son voisin ou à agresser les forces de l'ordre. Les auteurs de ces crimes et délits doivent être sanctionnés sans faiblesse. Mais en toile de fond de ces événements, chacun voit bien qu'il y a des territoires urbains dans lesquels se concentrent tous les maux que nous n'avons pas su ou pas voulu traiter depuis trente ans : le chômage de masse, l'immigration subie, l'échec scolaire et le blocage de l'ascenseur social. Malgré des dépenses sociales en progression constante – près de 500 millions d'euros aujourd'hui, soit 8 points de PIB de plus qu'en 1981 –, et en dépit de la succession des plans d'urgence qui ont englouti plus de 40 millions d'euros depuis l'invention de la politique de la ville, nos banlieues se sont inexorablement enfoncées dans la crise. Un jeune sur deux sans emploi, trois enfants sur quatre arrivant en 3e avec au moins un an de retard, six fois plus d'élèves ayant interrompu leurs études à l'âge de 18 ans, voilà les tristes statistiques de notre échec.
Il y a bien quelques jeunes des quartiers sensibles qui parviennent, au prix d'une incroyable ténacité, à poursuivre avec succès des études supérieures. Mais reconnaissons que leur accès à un emploi correspondant à leurs qualifications ou à un logement se heurte souvent à une nouvelle barrière, celle des préjugés et parfois du racisme. Le taux de chômage des enfants d'immigrés ayant reçu une formation supérieure est ainsi deux fois plus élevé que celui des actifs de même niveau.
Faute de perspectives crédibles d'intégration et de promotion pour leurs habitants, ces quartiers ont eu tendance à se replier sur eux-mêmes, à se réfugier dans une contre-société avec ses propres codes, ses propres règles et même son propre langage. Ils se sont de plus en plus organisés à côté de nous et de moins en moins avec nous.
Nous ne pouvons continuer à accepter qu'un nombre croissant d'individus soit assigné à des destins écrits d'avance. Et nous ne pouvons plus simplement invoquer des principes qui, comme l'égalité des chances, ne sont plus des réalités tangibles pour beaucoup de nos compatriotes. Ces principes, encore faut-il les faire revivre et les traduire en actes pour qu'ils s'inscrivent à nouveau dans les faits. Proclamer l'égalité devant la loi ne suffit plus : il convient désormais de promouvoir aussi l'égalité par la loi.
Quand je plaide en faveur de la discrimination positive à la française, c'est précisément à cette politique active d'égalité par le droit que je fais référence, c'est une certaine idée de la justice et de l'égalité réelle que je défends. Ce qui m'anime, c'est l'ambition d'offrir à chacun d'entre nous, quels que soient sa naissance et son lieu de résidence, les possibilités effectives d'épanouissement et de réussite qu'il est en droit d'attendre et d'espérer pour lui-même et pour ses enfants.
Finissons-en une bonne fois avec cette rumeur absurde selon laquelle je serais un partisan du communautarisme et des quotas ethniques. Ce n'est pas ma vision de la nation française, dont l'une des spécificités les plus remarquables est justement de vouloir intégrer toutes les populations en une seule communauté de valeurs et de destin. Finissons-en également avec cette idée qui voudrait que la discrimination positive que je propose conduise à exonérer ses bénéficiaires de tout effort. Au contraire, pour ceux dont les conditions objectives de réussite sont très dégradées, il s'agit de faire en sorte que l'effort ait à nouveau un sens et que le mérite soit enfin récompensé. De ce point de vue, les initiatives prises par Sciences po Paris et d'autres pour s'ouvrir aux meilleurs élèves des lycées situés en ZEP me paraissent parfaitement conformes à l'idéal républicain. Au demeurant, la notion de discrimination positive a été formulée il y a quelques années par le Conseil d'Etat pour désigner toutes les politiques visant à en faire plus pour ceux qui ont moins. Je pense notamment aux emplois aidés, aux mesures en faveur de la parité entre homme et femme, aux actions relatives à l'insertion des personnes handicapées ou encore à l'aménagement du territoire, qui consiste à se mobiliser davantage pour les territoires cumulant les handicaps géographiques, économiques ou sociaux.
Le territoire me semble d'ailleurs devenu l'un des facteurs les plus structurants de la reproduction et de l'amplification des inégalités. Notre politique d'aménagement du territoire doit de toute urgence réinvestir cette problématique et imaginer des réponses adaptées. Dans le cadre de mes attributions ministérielles, j'aurai prochainement l'occasion de faire des propositions en ce sens. Notre ambition en la matière ne doit pas se limiter aux zones rurales. Elle doit aussi s'adresser aux agglomérations, et singulièrement aux banlieues.
Mais cette approche par les territoires ne suffit pas. Elle doit être complétée d'une approche par les personnes. Il serait profondément injuste d'aider indistinctement les individus qui font des efforts et ceux qui persistent à n'en faire aucun, ceux qui respectent les règles de la vie commune comme ceux qui les bafouent. On ne peut valablement aider que ceux qui veulent véritablement s'en sortir.
La noblesse de la politique, c'est de hiérarchiser les priorités et de faire des choix. C'est choisir d'aider davantage tel département rural plutôt que les Hauts-de-Seine, telle ville pauvre plutôt que Neuilly, tel enfant de La Courneuve ou d'un bassin industriel sinistré plutôt que tel élève des beaux quartiers de Paris. Et si par ce biais nous touchons beaucoup d'enfants ou de petits-enfants d'immigrés, c'est normal. Ils sont français et leur avenir est en France.
Bien sûr, les entreprises, à commencer par les plus grandes, doivent apporter une contribution essentielle au déblocage de l'ascenseur social dans nos banlieues les plus défavorisées. Certaines d'entre elles ont déjà manifesté leur volonté d'agir. Je ne peux que les encourager à aller plus loin. Les services de l'emploi doivent s'organiser pour accompagner cette mobilisation. En renforçant leur présence et en adaptant leurs interventions dans les quartiers difficiles. En n'hésitant pas à faire appel à des prestataires privés qui ont fait la preuve de leur efficacité dans l'insertion ou le reclassement de publics spécifiques. Mais si nous voulons que le secteur privé s'implique dans ce domaine, le secteur public, et en particulier l'Etat, se doivent d'être exemplaires. L'Etat doit redevenir le vecteur de promotion sociale qu'il a été par le passé, en s'affirmant comme le premier acteur de la grande politique de discrimination positive que j'appelle de mes voeux.
Tout d'abord en créant les conditions permettant aux élèves les plus méritants d'exprimer toutes leurs potentialités et de réussir leur parcours scolaire. Pourquoi ne pas généraliser les internats d'excellence, dont j'ai pris l'initiative dans les Hauts-de-Seine, afin d'offrir à ces élèves un cadre de travail améliorant leurs chances de succès ? Pourquoi ne pas envisager d'accroître fortement la rémunération actuellement versée aux enseignants qui acceptent des postes dans les quartiers les plus difficiles afin d'y attirer et d'y retenir les plus motivés et les plus expérimentés ? Pourquoi ne pas réserver dans les classes préparatoires aux grandes écoles quelques places aux meilleurs élèves des ZEP ?
Par ailleurs, nombreux sont les ménages qui n'ont aujourd'hui d'autre choix que de résider dans des zones urbaines sensibles (ZUS). Nous devons créer pour eux les conditions d'une véritable mobilité résidentielle. Pourquoi ne pas réserver aux personnes issues de ces quartiers, pendant cinq ans et dans chaque bassin de vie, un pourcentage des places disponibles dans les HLM qui se situent hors des ZUS ? C'est tout à fait possible car 75% des logements sociaux ne se trouvent pas dans les ZUS. Il suffit de le vouloir. On pourrait aussi imaginer de majorer certaines aides au logement afin d'offrir à leurs bénéficiaires une véritable liberté de choix de leur habitation. Tout cela suppose plus largement d'accroître et de diversifier l'offre de logements, dans les banlieues sensibles comme dans les quartiers résidentiels et de centre ville.
Enfin, le mode de recrutement classique de l'administration française est le concours. Il doit le rester. Mais aujourd'hui certains partent de si loin qu'ils n'ont aucune chance de réussir les concours. En amont, nous pourrions développer des bourses de service public destinées à financer les études des élèves les plus méritants des ZEP, dès lors qu'ils s'engagent à passer un concours de la fonction publique. Il est aussi possible de concevoir des cycles préparatoires rémunérés pour inciter les étudiants issus de milieux modestes à poursuivre leurs études.
Ala place où je me trouve, j'ai décidé de passer sans attendre de la théorie à la pratique. J'ai donc engagé avec les services du ministère de l'Intérieur un plan d'actions pour diversifier notre recrutement. Dès l'année prochaine, des préparations intégrées – avec internat – aux concours des différents corps de la police, de la gendarmerie et de la sécurité civile seront mises en place.
On peut imaginer des dispositifs plus ambitieux. Le principe d'égal accès aux emplois publics ne s'oppose absolument pas à ce que les règles de recrutement de la fonction publique soient différenciées pour tenir compte de la variété tant des mérites à considérer que des besoins du service public. L'administration pourrait tout à fait recruter ses agents davantage en fonction de la capacité et des aptitudes professionnelles des candidats que de leurs diplômes universitaires et de leur réussite à des épreuves théoriques qui tendent à favoriser ceux venant d'un milieu aisé. Pourquoi ne pas instaurer un 4e concours réservé aux personnes originaires des zones urbaines et des régions industrielles les plus sensibles ? Il s'agirait d'une disposition temporaire, édictée dans le cadre des possibilités d'expérimentations ouvertes par l'article 37-1 de la Constitution.
Si tous nous nous mobilisons, si toutes les administrations, grandes entreprises, établissements d'enseignement supérieur s'engagent, si tous les responsables politiques font le choix de l'action, alors, j'ai la conviction que nous pouvons changer la donne et progresser à nouveau sur la voie de l'égalité réelle, celle qui est inscrite aux frontons de nos édifices publics.
* Ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur et de l'Aménagement du territoire, président de l'UMP.
dimanche 13 novembre 2005 (14h53) :
Sarkozy sur les Champs Elysées à Paris : bousculade, slogans et huées
Le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy s’est rendu brièvement samedi soir sur les Champs Elysées à Paris où sa venue a suscité bousculades, huées et insultes, qui ont couvert les applaudissements de ses supporteurs, a constaté un journaliste de l’AFP. Intrigués par l’attroupement médiatique et venus aux nouvelles, des badauds se sont progressivement mêlés aux journalistes, attendant avec eux Nicolas Sarkozy. Parmi eux, des jeunes ont vite exprimé leur intention de profiter de l’occasion pour crier vertement leur désaccord au ministre. »J’ai deux mots à lui dire », expliquait ainsi l’un, patientant avec ses copains au milieu des journalistes, sous l’oeil des policiers. A 19H30, le ministre s’est arrêté au niveau de l’attroupement de 2 à 300 personnes, vers le milieu des Champs-Elysées, à la hauteur de l’avenue George V. Son arrivée a immédiatement déclenché une énorme bousculade de journalistes. Des jeunes ont ensuite lancé des slogans et insultes comme »Sarkozy démission ! », »Sarkozy bâtard », »Sarkozy n... ta mère », »Liberté, égalité, fraternité, mais pas dans les cités ». Regagnant sa voiture au milieu de la cohue, le ministre a rejoint la place Charles-de-Gaulle, tandis que plusieurs dizaines de personnes couraient sur la chaussée, vers le haut des Champs, suivant le cortège, les forces de l’ordre semblant brièvement dépassées. Nicolas Sarkozy a ensuite inspecté le dispositif de sécurité dans la station de métro et de RER, dont l’entrée était interdite par un cordon des forces de l’ordre. A sa sortie, il a été là aussi accueilli par des huées et des insultes de la part de jeunes qui s’étaient regroupés. »Sarkozy démission ! », ont-ils scandé à plusieurs reprises tandis que le ministre s’avançait sans sembler y prêter attention, entouré de son service d’ordre et de policiers, aux côtés du préfet de police Pierre Mutz. »Le samedi soir, sur les Champs-Elysées, qu’il y ait du monde et qu’il y ait un peu de bousculade, chacun peut le comprendre. Il n’y a pas matière à en faire toute une histoire », a ensuite commenté Nicolas Sarkozy devant les journalistes au commissariat du VIIIème arrondissement. »Il se pouvait très bien qu’il y ait quelques personnes qui avaient envie de mettre du chahut. Voilà, c’est tout. C’était très minoritaire par rapport aux applaudissements », a poursuivi le ministre qui a relevé »beaucoup de soutien, à l’aune des derniers sondages publiés dans la presse ». Selon un sondage Ifop pour le Journal du Dimanche du 13 novembre, Nicolas Sarkozy arrive en tête des personnalités auxquelles les Français font »confiance pour apporter des solutions aux problèmes des banlieues ». 53% des sondés lui font confiance, contre 47% qui ne lui font pas confiance. A sa sortie du commissariat, Nicolas Sarkozy a été accueilli par les applaudissements de quelques dizaines de supporteurs. Finalement, le ministre ne s’est pas rendu à la gare Saint-Lazare comme l’avait envisagé la préfecture de police.
http://www.tageblatt.lu/edition/article.asp?ArticleId=42236
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